9/7-28/8/2022
 
MIREILLE ROOBAERT 
DENIS MEYERS 
Photographies  

 FR Cette exposition de photos-témoignages révèle à la fois le fruit d’une collaboration et d’une co-création entre Mireille Roobaert et Denis Meyers. C’est le dialogue imagé d’une photographe et d’un typographe. 

Travail de mémoire vive, l’exposition fait le lien entre les mots graffés sur la pierre comme un cri éphémère, et le don de Mireille Roobaert pour les photographies d’architecture. Des 25.000 m² d’espoir et de spleen tagués par Denis en dix-huit mois sur les murs de l’ancien bâtiment Solvay destiné à être détruit, Mireille a conçu des anamorphoses, photos panoramiques prises à 360° et restituées à plat. Ces images sont ensuite devenues des œuvres monumentales, ou des light box rétro-éclairées, au cadre dessiné puis graffé par Denis, chacune en exemplaire unique. 
 


La rencontre entre les univers graphiques de Mireille et Denis s’est d’abord produite sans leurs protagonistes. Un jour, la photographe a vu passer une annonce d’Arkadia offrant une visite officielle du bâtiment recouvert de phrases courtes sorties des tripes de l’artiste. Elle s’y est rendue par curiosité, sans s’attendre à se trouver à ce point bouleversée par les mots mis en formes, et par l’ampleur du projet répandu sous ses yeux. « C’est rare et précieux, de voir grand, chez les Belges. J’ai été saisie par la puissance et l’esthétique de cette réalisation. Par la manière dont la monochromie a fait corps avec l’âme du bâtiment Solvay. »

De cette révélation, Mireille a imaginé un projet : elle a proposé de réaliser un travail de mémoire, d’autant plus important que l’immeuble était destiné à être démoli. Elle était impressionnée par l’artiste, mais plus encore par ses réalisations. Talentueuse et obstinée, elle a obtenu un accès libre à l’espace, y est revenue 25 fois peut-être, y compris avec un drone. En quelques mois, elle a effectué plus de 3000 clichés des mots (maux) de Denis, pour en retenir finalement 400. En couleur et noir et blanc.

 EN This exhibition of photographs is the result of a collaboration and a co-creation between Mireille Roobaert and Denis Meyers. It is the visual dialogue between a photographer and a typographer.

 

A work of memory, the exhibition makes the link between the words sprayed on the stone like an ephémère cry, and Mireille Roobaert's gift for architectural photography. From the 25,000 square meters of hope and spleen tagged by Denis in eighteen months on the walls of the former Solvay building destined to be destroyed, Mireille conceived anamorphoses, panoramic photos taken at 360° and rendered flat. These images then became monumental works, or backlit light boxes, with frames drawn and then graffitied by Denis, each one unique.

 

The meeting between the graphic universes of Mireille and Denis occurred at first without their protagonists. One day, the photographer saw an advertisement from Arkadia offering an official visit of the building covered with short sentences from the artist's guts. She went there out of curiosity, not expecting to be so overwhelmed by the words put into shape, and by the magnitude of the project spread before her eyes. "It's rare and precious to think big in Belgium. I was seized by the power and the aesthetics of this realization. By the way the monochromy has become one with the soul of the Solvay building.

 

From this revelation, Mireille imagined a project: she proposed to carry out a work of memory, all the more important as the building was destined to be demolished. She was impressed by the artist, but even more so by his achievements. Talented and persistent, she obtained free access to the space, returned perhaps 25 times, including with a drone. In a few months, she took more than 3000 pictures of Denis' words (ills), to finally retain 400 of them, in color and black and white.