Valerie Alter .jpg

Valérie Alter

01.10.2021- 30.10.2021
Photographies
by Valérie Alter

.

Depuis quelques années, Valerie Alter appose ses photographies sur différents supports pour les transformer ensuite en tableaux-photographiques uniques. Cette pratique artistique lui permet d’exprimer sa sensibilité à travers un langage riche tant sur le plan matériel que thématique. 

Les « Reflections » se situent dans la prolongation de cette démarche et invitent le spectateur à se plonger, presque littéralement, dans un monde à la fois méditatif et complexe. En choisissant le miroir comme médium, Valérie base son travail sur la dualité sémantique du mot « réflexion ». Ainsi, la réflexion se matérialise en tant que phénomène physique observé sur la surface du miroir, mais signifie également l’action de l’esprit et la pensée qui en résulte. Dans cet arrangement, le miroir devient un véritable « opérateur d’échanges » entre l’image, le spectateur et son environnement. Les empreintes d’eau dans le sable, fugaces et fragiles, se superposent aux réflexions de regards posés sur les oeuvres. En constante évolution, les tableaux gagnent une présence vivante. De ce point de vue, le travail de Valérie fait écho à la célèbre affirmation de Marcel Duchamp : « C’est le regardeur qui fait le tableau » ! 

L’artiste utilise l’ambiguïté du statut sémiotique du miroir pour créer des oeuvres qui sont capables simultanément de montrer le réel et de représenter l’imaginaire. Les reflets apparaissant tout d’abord comme des « indices », c’est-à-dire des liaisons entre le signe qui montre son référant et le spectateur qui fait l’expérience de sa propre représentation. Cependant, dans l’oeuvre de Valérie, ces mêmes reflets participent à la création de l’image finale, et peuvent être ainsi compris comme des « images ». 

Une autre dualité vient se loger dans le rapport entre la photographie et le miroir. L’artiste profite de la rencontre de l’empreinte photographique avec les reflets du miroir, pour renforcer l’expérience de la limite entre le monde matériel et monde immatériel ainsi qu’entre l’abstraction et le réalisme. Les tableaux-miroirs deviennent des passages ouverts dans le temps et l’espace, entre les moments qui furent et le présent mouvant. De cette manière, les ripple marks - les rides du sable, fixées par une empreinte photographique sont réactualisées dans le présent grâce à l’action des reflets sur le miroir. L’artiste élargit davantage ce dialogue par les couches d’époxy qui, en accentuant les effets de surface, ajoutent un rendu onirique. La résine renforce également la présence de l’image photographique, l’empreinte d’un « ça a été » barthien que Valérie immortalise dans ses clichés. Par sa démarche, elle « iconise » les images photographiques qui deviennent des véritables tableaux. 

Dans la série « Reflections », tout renvoie au passage du temps et à la beauté du monde en constante transformation : les vagues, leur traces dans le sable (amplifiées par le brou de noix) ou encore les brises lames peuples de coquillages enfermés entre un « devenir » et un « avoir été ». Les craquelures volontairement conservées dans l’époxy, ou encore ses reliefs, soulignent également de façon poétique l’évanescence du moment présent. L’effet liquide et organique que l’artiste donne à la résine lui permet d’évoquer l’eau. Cet élément omniprésent de par les reflets de ses empreintes acquiert un rôle majeur. Le jeu de textures permet aussi d’instaurer un rapport tactile entre les oeuvres et les spectateurs, invités par l’artiste à toucher à « la stabilité de l’eau » et par la même à se reconnecter à l’instant présent, tout en voyageant dans le miroir. 

Justyna Gajko-Berckmans

  • Facebook - Arielle d'Hauterives Galerie
  • Instagram - Arielle d'Hauterives Galerie
  • LinkedIn - Arielle d'Hauterives Galerie
  • Twitter - Arielle d'Hauterives Galerie
69 Quai des Péniches / Akenkaai
Appartement 24E
1000 Bruxelles

Uniquement sur rendez-vous : info@arielledhauterives.be

La galerie est fermée entre les expositions