Interview Cecilia Shishan

Entretien avec Cécilia Shishan

 

Artiste en retraite forcée

 

  1. Est-ce que le confinement a eu un impact sur ton quotidien ?

 

Oui absolument, dès l’annonce du confinement j’ai préféré déménager une partie de mon matériel artistique à la maison afin de ne pas me retrouver sans possibilité de créer, ce qui pour moi aurait été impossible à vivre !

Je me suis donc improvisé un nouvel atelier à la maison en réduisant bien- sûr la taille de mes formats étant donné que je suis dans un plus petit espace.

 

  1. Comment vis-tu cette période ?

 

Dans un premier temps j’ai été stupéfaite par les nouvelles dramatiques pour tout le monde, mais aujourd’hui je le vis plutôt bien, j’ai redécouvert les plaisirs de la solitude pour remettre en question mon développement et cheminement artistique. Étant donné que les distractions extérieures n’existent plus et ça m’a permis une plus grande concentration.

 

  1. Est-ce que cette période a des conséquences sur ton travail ?

 

Oui certainement, dû à l’annulation et au report de mes expositions prévues, cela me donne du temps pour repenser tranquillement à la pertinence de mes choix de départ.

Pour le contenu de mon travail il n’y aura pas de vrai changement en soi puisque mes tableaux figuratifssont déjà une suite de récits tragiques sur ce que les enfants vivent de façon universelle. Le confinement des enfants dans leurs familles parfois difonctionnelles va avoir des répercutions psychologiques dramatiques pour leurs vie futures et cela me touche au plus profond de moi.

 

  1. Comment se déroule tes journées ?

 

C’est très simple, du matin au soir je suis dans mon « petit » atelier et j’expérimente chaque jour mes idées comme dans un petit laboratoire de recherche.

 

J’aime cette période de confinement parce que c’est très calme et je prépare beaucoup de nouveaux projets, dans la continuité de mon propos évidemment, mais avec de nouvelles voies.

 

  1. Est-ce que tu lis aussi beaucoup en cette période ?

 

Oui, je lis beaucoup de manière générale mais maintenant encore plus et surtout des livres sur la technique de la peinture. Ça vient complémenter mon expérimentation et mes recherches, en dehors de ça je m’intéresse à des lectures comme « Scotomia » et « Ce que c’est, paroles d’artistes » de Hans Theys ou encore « 365 jours de Zen » qui est un livre de poésies asiatiques.

Parmi les grands artistes, mes favoris sont Sorolla, Gauguin et kokoschka et ce depuis très longtemps !

 

  1. Est-ce qu’il y a des choses qui te manquent particulièrement ?

 

Oui effectivement les liens sociaux et familiaux avec mes enfants me manquent beaucoup ! La liberté est un droit fondamental dans nos pays bien sûr, le fait d’en être privé est un manque beaucoup plus fort que je n’aurais pu l’imaginer.

 

  1. Quel est le rôle de l’Art en des moments comme ceux-ci ?

 

En ce qui me concerne, c’est un rôle fondamental pour survivre à une crise comme celle-ci parce ça me permet de m’évader, d’élaborer de nouveaux plans et de rester en communion avec la création.

 

En ce qui concerne l’Art de manière générale c’est l’occasion de faire de nouvelles expériences et remises en question dans tous les domaines artistiques.

Dans une crise majeure comme celle-ci, les artistes ont dans leurs mains un grand pouvoir de renouvellement et de faire bouger les pensées et éclater les codes établis pour ouvrir de nouvelles voies pour notre société de demain.

 

 

 

 

Interview réalisé par la galerie Arielle d’Hauterives, de Cécilia Shishan, artiste peintre.

Avril 2020.

 

http://www.arielledhauterives.be/artiste/cecila-shishan/

 

www.ceciliashishan.be