Exposition : Oups ! ça pique — IRIS FOSSIER / LORKA

Exposition Collective :
Iris Fossier - LOrka - Broderie, collages, Dessin, Sculpture, Technique mixte

« Oups! ça pique »  présente les oeuvres récentes d’Iris Fossier et de LOrka

Les œuvres d’ Iris fossier sont en papiers : noir, blanc, vert ou gris.. une palette restreinte donc qui offre à l’artiste un résultat sobre et efficace, aux combinaisons infinies.Iris Fossier, alterne depuis près de quinze ans, dessin et sculpture. L’un et l’autre se consolidant mutuellement. Une œuvre singulière qui se construit petit à petit, avec cette incertitude : que cherche l’artiste ? vers où va-t-il ?

Un regard rétrospectif sur le travail de ces dernières années, fait ressortir une constante : le cheval. Qui est-il et que nous dit-il de l’œuvre d’Iris Fossier ?

« Le cheval que j’utilisais pour ses formes et les dynamiques qu’il provoque dans la construction du tableau, s’avère être, au fil du temps, bien plus que cela. Le cheval intervient comme un trait d’union entre la vie et moi. Une passerelle entre l’extrême en dedans (le travail à l’atelier) et l’extrême en dehors. J’ai beaucoup voyagé, pour connaître des sensations que ne me donnait pas le travail à l’atelier. Depuis quelques mois, il me semble que je suis rassasiée de voyages et que j’aime me poser. Prendre le temps de construire un tableau, de le défaire et le refaire. Un travail de patience, de résilience même..  »

« A propos du cheval, je ne peux pas m’empêcher de le dessiner, de le rêver… j’ai besoin de lui pour commencer quelque chose… c’est autour de lui que tout s’articule et devient vivant. Quand on démarre un tableau, la surface impeccable de la toile est très pesante : quatre angles droits c’est beaucoup.. il y a aussi cette contrainte du format. Quand je commence, c’est toujours trop petit. Pour moi un tableau est réussi quand ce qui est représenté fonctionne avec son format. Au début, quand tu « babulles » une idée, qu’elle est là, qu’elle ne demande qu’à partir, tu as besoin de repères. A ce moment-là, la toile est trop lisse et sans accroches. pour escalader la montagne, tu as besoin de points d’appuis, de quelque chose pour avancer ou même reculer : surtout, ne pas rester sur place ! Il faut quelque chose sur lequel s’accrocher. L’espace de la toile, pour m’y sentir bien, j’ai besoin du cheval. C’est sur lui que je m’appuie, à partir de lui que l’aventure commence. »

Iris Fossier utilise ce va et vient entre dessin et sculpture justement pour cette raison d’espace contraint et forcé du tableau. Son approche de la sculpture est à l’exact opposé : « Je démarre avec une base à partir de laquelle j’étire les formes.

En dessin ou en peinture, ce sont les bords qui m’imposent un repli à l’intérieur des terres. En sculpture c’est l’inverse. C’est pour ça que j’ai besoin des deux. »

« Le travail pour les céramiques papier a commencé avec l’idée d’avoir de grands bouquets chez moi. De les semer dans l’espace de la maison et d’avoir des fleurs toute l’année. Rapidement, ce qui m’a intéressé, c’est de sortir de la forme de départ ; le « pot ». Et de développer les « hanses » ! C’est vite devenu des cactus puis des feuillages ou quelque chose comme ça et pour finir, des nuages.. et de nuages en nuages, les fumeroles, le volcan, le mont Etna, Stromboli.. je travaille souvent avec des rêves, des envies d’être ailleurs, et c’est mon impossibilité d’y être, ma frustration, qui provoque chez moi le désir de faire. »

La galerie Arielle d’Hauterives, qui suit l’artiste depuis près de dix ans, montre aujourd’hui un travail apaisé, marqué par le profond désir de savourer un savoir-faire. Au-delà du calme et de la présence rassurante qui se dégage de chaque pièce, ressort une immense sobriété, un épanouissement de la matière.

Il y a un peu de tout cela dans les dernières œuvres d’Iris Fossier : un apaisement enfin trouvé. Et c’est contagieux !       Corneille de Lyon

 

Sapiens (LORKA)

Chasser dans la jungle urbaine, croiser, laisser passer, photographier, encrer, découper, installer, épingler, étiqueter les passants. Comme une espèce en voie de disparition : l’humain !

LOrka aime changer d’échelle : le grand rétrécit , le minuscule s’agglutine et devient multitude qui se déploie à l’infini . La dimension est un choix et l’échelle une illusion. Tout dépend du bout de la lorgnette utilisé. Rien ne conduit nulle part, ou tout conduit à tout, simple question de point de vue. Tout comme l’entomologiste épingle les choses mortes, elle voit la vie dans l’épingle même, et fait que celle –ci donne du mouvement, crée des directions, parodie ou ressuscite la vie et ses pulsations.

LOrka pourchasse l’Humanité avec mon appareil photo, elle s’en nourrit, en fait une matière première, un médium . Petits humains simples, fragiles, menus, tous différents donc tous semblables…

Nous avons bien tous une place dans ses boites. Et si pas nous, du moins nos images, nos ombres, nos reflets, ou l’ombre même de ces ombres figées dans le temps, flottant dans les airs sans se poser nulle part.

L’Humain grouille partout, comme dans une fourmilière. Mais l’Humanité, dans nos Cités d’Orgueil de verre et d’acier, ne serait –elle pas en voie de disparition, sans aucun endroit ou se réfugier ?

Si c’est le cas, son image sera épinglée dans une boite d’entomologiste