Exposition : Découvertes printanières

Exposition Collective :
Hanna Ilczyszyn, Dominique Romeyer, Françoise Steurs, Ruta Jusionyte - Dessin, Peinture, Sculpture

Vernissage: Jeudi 3 avril de 18h à 21h

Tea Time: Dimanche 20 avril de 16h à 19h

Arielle d’Hauterives présente une exposition collective de quatre artistes « Découvertes printanières ». Quatre artistes, Dominique Romeyer, Françoise Steurs Hanna Ilczyszyn et Ruta Jusionyte nous dévoilent leurs interprétations et leurs visions différentes de la thématique du lapin à travers leurs dessins, peintures et sculptures.

Les œuvres présentées à l’occasion de cette exposition sont issues d’un ensemble de peintures et œuvres sur papier faisant suite au dessin-clé, Sans Titre (Alice) de 2008, déformation du damier offrant des lignes courbes et subjectives. Damier ou grille dont la présence constante dans le travail de Dominique Romeyer fait référence à l’abstraction géométrique de la période moderniste et sa mise à l’épreuve, notamment avec l’enduction du fond de la toile avec de la résine ou l’emploi d’un support en microfibre tendu sur le châssis. Les découpages gouachés des Blue, Red and Green Rabbits (2008) sont fabriqués à partir d’une image, non pas choisie de façon préméditée mais appartenant au « répertoire visuel » de l’artiste et s’imposant d’elle-même. Le pourtour de la forme et la découpe sont indissociables et mettent en exergue des formes souples et simplifiées. En 2009, ces formes sont recueillies et appliquées sur des toiles de format carré, présentant des schémas géométriques et minimalistes aux fonds plans et colorés. Ces œuvres laissent à penser que nous ne sommes pas dans un art purement géométrique, abstrait ou coupé de tout réalité extérieure puisque coexistent schémas géométriques et formes plus organiques.

Françoise Steurs travaille, quant à elle, la matière. Ses œuvres sont créées sur un papier empreint d’imperfection sur lequel elle ajoute, par mouvements amples et dynamiques, des matières plus épaisses. Un véritable dialogue naît entre l’artiste et le papier. Lectrice compulsive, elle découpe des photographies de l’actualité qu’elle intègre ensuite dans ses toiles. Ces photographies sont retravaillées ou collées à l’état pur ou disparaissent dans la matière. L’artiste leur donne une autre dimension et leur permet de se révéler dans la toile pour acquérir une nouvelle présence. Ses toiles mettent en avant, intentionnellement ou non, des personnages solitaires, flottants, perdus. Pour cette exposition, elle troque ses personnages pour des lapins. A travers ceux-ci, elle nous emmène dans un voyage singulier dans l’immense fugacité du monde contemporain. Son travail plastique retrace un itinéraire de la mémoire sur papier journal. « C’est peut-être en nommant les choses qu’on peut se débarrasser du côté pesant des choses », cette phrase, tirée du livre « La Reine du Silence » de Marie Nimier, s’applique aussi bien aux mots qu’à la peinture de Françoise Steurs.

Hanna Ilczyszyn est une jeune peintre polonaise vivant en Belgique. Elle a étudié à l’Académie Royale des Beaux-arts de Gand et à l’Académie des Beaux-arts de Wroclaw en Pologne. Ses dessins sont en noir et gris rehaussés de plages de couleurs vives. Son travail plastique capture l’innocence et l‘incertitude de l’enfance. Les œuvres d’Hanna laissent entrevoir l’anxiété et la confusion des enfants qui évoluent dans un monde imprévisible où tout est neuf. Un masque de lapin dissimule le visage de certains enfants, rendus impersonnels. D’autres sont déguisés en lapin multicolores, renvoyant aux jeux appréciés par les enfants : cache-cache, se déguiser, mettre des masques…

L’œuvre de Ruta Jusionyte nous emmène vers le fantastique en interrogeant la bestialité inhérente à l’homme. Ruta, au travers de ses sculptures et de ses dessins, s’interroge sur les notions d’affrontement, de lutte, demandant comment résoudre les conflits, au cœur de l’histoire et de la nature humaine. Ruta parle ainsi de son pays et de ses sources d’inspiration : « La culture a été rayée, détruite pendant l’occupation russe, et même le savoir-vivre. Cinquante ans d’occupation et de privation, ça compte. A la libération, on s’est aperçu qu’on était des sauvages sans le minimum de culture pour vivre le quotidien. Mais moi, je sentais une culture profonde, enfouie, une culture souterraine. Quelques artistes lituaniens ont compris cela et n’ont pas peur du ridicule, de l’absurde et de la crise comme ils n’avaient pas peur d’attaquer l’envahisseur russe par la métaphore et les messages de leur art. Exprimer, c’est aussi laisser émerger ce monde de la métaphore, un monde archaïque en moi… mon seul héritage, c’est ma culture lituanienne qu’il m’est nécessaire d’exprimer ; et mon outil d’expression, c’est la métaphore qui détourne les situations pour arriver au but. » Ruta réalise, seules ou en installation, des sculptures, des peintures et dessins, qui, dans leur puissante expressivité, flirtent avec un certain expressionnisme, qui fait s’exprimer ainsi Marie Deparis-Yafil, critique d’art : « C’est peut-être davantage les tréfonds de la nature humaine, sa manière de s’élever au-delà de la bestialité, tout en en conservant les traces, que questionne l’artiste. Avec profondeur et circonspection, elle s’efforce de saisir la manière dont se jouent les relations à l’Autre, dans la confrontation, le conflit, l’adversité, dans l’esquive, dans la tentative de conciliation, et d’amour. Et toujours, quoiqu’il arrive, la résistance de la vie, et de l’art, face à la l’oppression et à la destruction, la force de l’intelligence perpétuellement en lutte, en laquelle croit, résolument, Ruta. » Et la dimension parfois mythologique de ses œuvres relève autant de ce questionnement sur les origines que de la façon dont se construit l’avenir. »