Exposition : Découvertes estivales

Exposition Collective :
Alice Pieters, Mireille Roobaert, Oxana Taran, Renée Delhaye, Christina Jékey, Hipolythée - Dessin au stylo bille, Peinture, Photographie, Sculpture

Découvertes estivales est un accrochage collectif de 6 artistes.

Alice Pieters : L’oeuvre d’Alice Pieters peut paraître sans façon et simple pourtant elle n’est pas dénuée de complexité. Ses oeuvres d’art représentent une réflexion sur les comportements contemporains. Sa démarche se définit comme une communication poétique vis-à-vis de son entourage quotidien. (…) Que ses sentiments soient variables ou mêmes fluctuants, ils sont représentés par l’emploi du fusain, matière qui permet de définir mais aussi d’oblitérer les signes dont le traît persiste, eux-mêmes étant le simulacre du présent. Concrétisation et mystification forment le contenu et définissent les contours de l’oeuvre d’Alice Pieters qui nous confirme que les mystères humains sont essentiels à la création. [Glenn van Looy]

Mireille Roobaert : La photographe crée ses œuvres en manipulant les pixels un à un car selon elle : « ils contiennent chacun une part de vérité essentielle ». Elle se consacre spécialement aux questionnements sur les thématiques récurrentes des fausses symétries, impressions surréalistes d’une réalité flouée mais devenue visible, autant de sensations de miroirs twistés, d’une perception à deux visages qui montre à la fois le passé et le futur à travers l’œilleton. Le grand pilier de son art traite les reflets de l’eau, avec leur part symbolique de fertilité, de féminité, de fluidité, ce qu’elle appelle joliment « MIDMVV » : le Monde Imaginaire De Ma Vraie Vie. Les noms de ces images portent déjà en eux l’exigence de poésie de leur auteure : « Il pleut des lunes », « En fin »… Comme dans la vie, Mireille Roobaert transforme la réalité qui l’a elle-même transformée, hors des sentiers battus, et rassemble ou oppose, selon, deux mêmes choses différentes. Elle appartient à la génération argentique, mais Photoshop est son outil. Déjà avant l’apparition du numérique, dans la chambre noire, elle jouait de la photo expérimentale, mélanges de formes et de matières. Aujourd’hui grâce à l’informatique, l’artiste peut aller beaucoup plus loin. Dans un seul pixel, elle intègre une multitude d’informations. Il y a des messages cachés dans ses pixels, comme dans chaque atome de vie. L’informatique lui offre une liberté infinie du bout de son stylet, et elle sculpte l’image, modèle le message. Chaque lieu vide l’inspire, et elle le remplit de sens. Ainsi, à remplir ses espaces de graphismes et de couleurs, Mireille questionne ce qui habite le vide.

Oxana Taran : Les dessins, peintures et installations d’Oxana Taran sont en fait des interventions minimalistes dans l’espace. Son médium préféré est la peinture. Taran peint ce qu’elle voit et ressent. Ses peintures parlent d’images visuelles archétypales, qui spontanément et soudainement parviennent à son esprit, déclenchées par une large variété de stimuli : un panneau d’affichage d’une compagnie aérienne bulgare, un mur aveugle ou la façade peinte d’un immeuble d’appartements à côté d’une série de maisons modestes, etc. Ce qu’elle peint n’est pas réel. Ce sont des souvenirs d’un temps et d’un espace qui n’ont jamais été, mais qui ont été générés par le pouvoir de l’imagination. Taran matérialise, en fait, un processus mental visuel à travers le médium du langage plastique. Dans une interview, l’artiste fait référence aux « images qui bougent sans cesse », et comment elle choisit certaines de ces images qui apparaissent dans une tornade ininterrompue de pensées. Taran, elle-même, considère ses peintures comme faisant partie d’un puzzle. Elle parle de « dévoiler un fragment de vérité », ou de « représenter un fragment de la face intérieure ». Elle a donné un nom à son projet: Aerozona.

Christina Jékey (sculptures): « Exploratrice inlassable des multiples possibilités qu’offrent des matériaux divers, tels que le bois, le métal, la pierre, le plexiglas et le verre, Christina Jékey occupe l’espace d’une façon intense. Elle débusque toutes les possibilités du matériau d’origine et lui invente une nouvelle vie.  Elle élabore une œuvre exigeante, méditative, qui interroge les lois de l’univers, et qui dans la lignée de certains grands sculpteurs contemporains, ose aussi, tout simplement, affirmer la beauté. Ses œuvres nous fascinent et nous offrent ce qu’on appelle un supplément d’âme, sans aucun compromis. » Jo Dustin

Hipolythée (peinture et sculpture): Le temps est à la crise, le temps est à la peur, le temps est à la haine, le temps est à la rancœur, le temps file, le temps détruit, le temps inquiète. Hipolythée ose une réponse à tous les comploteurs de l’ère du soupçon. Après ses « Humains de Compagnie », voici les « Contes à rebours » qui viennent nous entraîner sur les chemins de lendemains réenchantés, partagés, vivants, possibles, accessibles dès lors que nous consentons à une prise de conscience collective. Car Hipolythée nous convoque à un défi : changer le monde et les choses qui le peuplent en se faisant du bien ! Ici, dans l’œuvre d’Hipolythée, qui se construit avec et non pas contre le temps, tout est symbole ! Frappe et elle t’ouvrira son univers ; demande et elle te répondra à travers ses toiles, crois en l’avenir et tu verras alors que rien n’est perdu, pas même le paradis ! A travers ses toiles, Hipolythée montre que le monde est un éternel recommencement sauf si… Elle nous oblige à changer de fenêtre, à regarder autrement, à se positionner différemment, à s’aider des contes de notre enfance, contes de nos enfants, rêves enfouis, peurs salutaires. Et d’un coup de pinceau, voici Barbe Bleue pétrifié, Blanche Neige, toujours en présence d’une gallinacé, comme le paradigme de l’instauration réelle de droits humains où la femme n’est plus une poule de luxe. Les masques parlent d’eux mêmes avec les codes qu’ils transpirent pendant que les chouettes reviennent chatoyer nos rêves et que les têtes réduites ne sont plus les espèces en voie de disparition mais en voie d’apparition. Enfin les bagues, la féminité de l’homme, par laquelle il accepte d’évoluer en paix avec lui même, les bagues de l’émotion et du sentiment, au quotidien ! Au milieu de ce merveilleux bing bang de couleurs, Hipolythée ose plus encore en nous proposant, en noir et blanc, un calendrier de l’après, écho à l’avent, présage d’un futur proche : proche dans le temps et proche en ce qu’il doit être à notre image. Lumineux, ouvert, tendre et ? A vous d’ajouter votre qualificatif, votre conte personnel, votre à rebours vers demain…

Renée Delhaye : « Le bonheur de peindre naît de la rencontre de moments heureux », dit-elle. Cette artiste peintre, née en 1932, est installée entre la Belgique et le Maroc. Elle déploie sa créativité sur papier, avec des aquarelles « prises sur le vif », des moments de grâce du quotidien: un bouquet de fleurs, une scène d’intérieur, un pan d’architecture, un paysage ou une nature morte symboliste. Les couleurs sont subtiles, comme fondues, parfois rehaussées à l’encre de chine. Dans un besoin d’assouvissement du moment présent, elle trace ses compositions, l’air de rien, avec fantaisie. L’autre clé de compréhension de Delhaye est l’inspiration qu’elle tire de nombreux voyages en Europe, en Turquie, en Egypte… A voir chez Arielle d’Hauterives, ses peintures sur papier, mais aussi sur verre, avec rehauts de feuilles d’argent ou d’or et quelques belles pièces de céramique. La terre à malaxer, puis cuire, émailler et recuire, lui offre la possibilité d’enraciner ses sujets et de leur donner une présence plus forte, plus construite et plus maternelle. [M. de Crayencour, Galeries Bruxelloises – L’expressionnisme n’est pas mort!, dans L’Écho, 11 juin 2011.]