Exposition : La vie en rose…et pourtant…

Cecila Shishan

« La vie en rose… et pourtant… »

Mon travail reste attaché aux récits de vies fictionnels basé sur des faits réels d’enfants mais qui ont grandi avec leur passé trouble. En grandissant les enfants se forgent une image de la réalité du monde qui les entoure, leur vision sera colorée, comme le rose, le rouge, le jaune qui sont les couleurs que j’affectionne particulièrement, comme s’ils portaient des lunettes teintées. Leur expérience de vie singulière les arrache à leur innocence pour les plonger dans la vie emprunte de douceur et de douleur, de joie et de colère, d’amour et de haine.

Je peins et je dépeins des portraits de l’enfance et de l’adolescence avec une certaine violence. La peinture reste mon médium de prédilection pour exprimer et montrer ce qui me touche. Je joue avec les matières, les aplats, la transparence, l’épaisseur, la trace, le geste, les couches fines et lourdes pour dynamiser ma peinture et en faire sortir des émotions pour les communiquer à celui qui observe mon travail afin qu’il soit surpris agréablement ou désagréablement par ce qu’il ressent. J’aimerais qu’il ressente le malaise. J’ai également fait le choix de ne pas mettre de titre sur chaque œuvre, mais un titre global à l’exposition afin de laisser une certaine liberté au regardeur d’interpréter et de s’approprier les œuvres en fonction de sa propre histoire.

J’utilise des scènes de vies quotidiennes et banales, récoltées autours de moi et dans l’actualité, pour les détourner de leur sens originel et symbolique afin de perturber le message et lui en donner un autre sens. Les scènes sont dans une « atemporalité » ou rien n’est montré dans l’action, les évènements se sont déroulés ou vont se dérouler. C’est un arrêt sur image dans le temps de la fragilité d’une vie d’enfant ou d’adolescent.

La lumière et les atmosphères lourdes font parties intégrantes et sont fondamentales de ma recherche artistique. Le parti pris du choix des couleurs a une signification bien précise ainsi que la scénographie et l’accrochage qui ont un sens pensé afin de guider le regard du spectateur et de transmettre mes messages qui montent graduellement en intensité.

Je m’intéresse à tout ce qui m’entoure que ce soit à travers des livres, de la lecture, de la musique, de la danse, des journaux, des faits divers et de l’histoire de la peinture. Je suis comme une chercheuse qui travaille inlassablement dans mon atelier et expérimente depuis une bonne vingtaine d’années cette recherche, sur la couleur, la lumière, la peinture ainsi que mon propos que je peaufine au fil des ans.

Je m’inscris dans l’actualité et l’histoire de la peinture contemporaine figurative.

Mon travail parle des drames de nos enfants tel des pots cassés et reconstitués, tout comme mes peintures je les déconstruis pour les reconstruire en un nouveau récit, et par analogie comme les pots recollés avec une technique ancienne Japonaise qu’on appelle le « Kintsugi » dont le but est de leur donner une nouvelle vie sublimée par la réparation. Cabossés… certes… mais transformés !

Cécilia Shishan

Septembre 2020

A propos de l'artiste

Cecila Shishan

Mon travail est une fiction basée sur des faits réels à partir de textes et d’images d’enfants ayant un lien personnel avec l’Art. Il y a un détachement des images par rapport à leur signification originale, afin de recréer une nouvelle réalité ...

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