Exposition : Bêtes en couple

Exposition Collective :
Ruta Jusionyte - Peinture, Sculpture

Vernissage jeudi 17 septembre de 18h à 21h

Tea Time dimanche 11 octobre de 16h à 19h

Ruta Jusionyte accomplit le sacre de la nudité. Elle creuse à vif les voies de la création. Ses êtres sculptés, autrefois couleur de boue, s’approchent maintenant de la blancheur et de la paix. Ce sont des êtres déchargés de leurs peines et de lacunes. Invaincus, ils ont traversé tous les désastres, et leurs yeux sont aussi grands que leur fragilité… Avec des coulées de ciel, ils sont à portée de nos tendresses. Ruta, en sublime densité, ose réconcilier du dedans l’homme universel et son animalité.

Ses peintures fouillent la vie rapprochée, les rencontres vitales, et le sacre doux des couleurs vécues. Ruta affronte la part d’ombre que l’ordre du jour n’ose affronter. Chaque œuvre est une brûlure de grands fonds. L’ironie latente, un rien caustique, donne de l’air et de la légèreté à ces convives qui se partagent la vie.

Ruta Jusionyte aborde la peinture en conquérante. Elle tranche l’univers au scalpel aigu de ses couleurs vibrantes et décalées. Ses vives peintures sont autant de vitraux sidérants, chargés de puissance et d’impact. La tension des couleurs, comme lavées par le temps, est poussée à l’extrême, et chaque peinture secoue l’édifice. Fascinante contagion chromatique.

Les vibrantes créatures de Ruta, en flagrants délices vitaux, échappent à toute convention. Elles scrutent l’autre de l’autre en chacune, et les regards sont incroyablement chargés. Elles ont un air de famille archaïque, un air d’humanité partagée, et même une forme éclatée et plurielle d’immense autoportrait.

Ruta sait garder intactes les forces vives des énergies indomptées de la vie. Ainsi ses émouvantes créations sont toujours habitées d’animalité latente. Elles incarnent la tribu rassemblée des humains. Elles sont possédées du dedans, et leurs apparences déchirent l’étendue. Cet art lumineux exulte de santé sauvage, et d’immense poids de vie dévorante. La tache, parfois, accidente l’étendue, et l’étendue vacille.

Christian Noorbergen