Exposition : Découvertes printanières

Exposition Collective :
Alix de Valois, Ariane Bosquet, Nete Olsen, Nuria della Rosa - Dessin, Peinture, Sculpture

Découvertes printanières est un accrochage collectif de 5 artistes présentant leurs oeuvres récentes.

Nete Olsen (peinture): Par la métaphore du paysage, cʼest la force, la puissance et la fragilité des êtres humains qui sourdent et jaillissent sur les toiles de Nete Olsen. Cette série, travail des trois dernières années, utilise la thématique de la nature brute comme symbole du paysage intérieur de lʼâme humaine. A travers la terre, le noir, la nuit, lʼair, le ciel, la glace et lʼeau, elle creuse vers les racines, base de lʼexistence. Lʼeau sous toutes ses formes apparaît dans plusieurs peintures, elle ruisselle sous la glace, entre les cristaux et les galets. Ce mouvement à la fois serein et bouillonnant symbolise la passion sous un calme apparent. Après une période violente de jaillissements, éruptions volcaniques, coulées de lave, vient un besoin de pureté et de calme, dʼapaisement par une recherche chromatique plus froide – gris colorés avec parfois une touche vive ou un glacis transparent. Le coup de pinceau est vigoureux, expressif, rapide. Les couches de peintures se superposent en transparences et opacités. Par lʼaccumulation des épaisseurs, on distingue dans les peintures de Nete Olsen, une recherche de texture. Cette dimension tactile provient de lʼinfluence de sa pratique de la tapisserie contemporaine depuis de nombreuses années.

Ariane Bosquet (peinture): plasticienne belge, elle est une peintre amoureuse de la matière et plus précisément de celle altérée par l’érosion du temps qui passe. Elle a séjourné pour la première fois au Mali  en juillet 2008 pour une résidence d’artistes d’un mois chez Chab Touré, galeriste, photographe et historien d’art. A l’époque, elle avait effectué un travail sur le thème des portes qu’elle avait photographiées tout au long de son voyage. De vieilles portes en bois, en tôle, en fer, patinées par le temps. En récupérant de vieilles tôles rouillées le long des routes et chez les ferrailleurs, elle s’est mise à explorer ce nouveau matériau pour arriver à des œuvres incorporant ses matières travaillées à même la tôle, et s’éloignant de plus en plus du thème de la porte… : confondre la rouille du temps avec ses matières pour ne faire plus qu’un, ne sachant plus où l’un se situe par rapport à l’autre, toujours à la recherche de l’empreinte du temps qui passe sur les choses de la vie. Pour son 4ème séjour au Mali, depuis novembre 2010,  elle récupère, travaille et assemble le métal érodé, les papiers et les tissus usés, les vieux grillages qu’elle mélange cette fois-ci au banco orangé, à la latérite rouge et au sable de la dune de Koundou du village dogon où elle a séjourné.  Elle offre une série d’œuvres puissantes, sensibles et inédites évoquant les paysages dogons. Bamako, mars 2011(www.arianebosquet.com)

Nuria Della Rosa (dessin): Dès son plus jeune âge, elle aime peindre et dessiner. De 11 à 15 ans, elle suivra des cours du soir à lʼAcadémie de Saint-Gilles auprès de Maria Kypréou et découvrira lʼaquarelle, à laquelle elle adhérera plus tard. Diplômée en Art Plastique, elle choisit de suivre des cours de Maquillages chez Jean-Pierre Finotto ce qui développera son sens de la couleur et son goût déjà prononcé pour les visages féminins. A 21 ans, ce fut le début dʼune série de tableaux à lʼaquarelle très colorés au contours définis, avec comme sujet principal la femme et sa dualité emprunts de souvenirs dʼenfance. A 30 ans lors dʼun voyage en Palestine dans le cadre dʼun long métrage, elle passe son temps libre à dessiner et à redécouvrir la joie dʼun trait libre et spontané. Elle en fait son allié. Technique du Pastel gras et crayons secs se mélangent, parfois le bic et lʼaquarelle cohabitent. La jeune artiste, nous dévoile sa sensibilité, ses émotions mais aussi ses contradictions. Une page est tournée et la voilà à présent dans une évolution ou la source dʼinspiration reste toujours la femme et ses multiples visages, elles sʼexpriment, sʼopposent pour mieux trouver leur place et leur légèreté dans lʼaboutissement du travail et de la création, peut-être plus mature mais au regard toujours sincère.

Alix de Valois (peinture) : « Se maintenir sur une crête, dans le juste équilibre entre les deux versants du figuratif et de l’abstrait afin que le sujet coexiste, de façon précaire, flamboyante, périlleuse, avec le libre déploiement de la peinture. » Alix de Valois expose ici quelques tableaux de batailles et monotypes. Bien qu’elle parte toujours d’un document préexistant, gravure, tableau ou photographie, cette iconographie qui lui est nécessaire pour camper sa composition est systématiquement débordée, déformée, malmenée par l’enjeu pictural. Le faire du peintre rend méconnaissable l’image-prétexte. Celle-ci n’est qu’un point de départ, dont Alix ne retiendra que les masses essentielles et les lignes de force. Si ces formes, issues d’une savante déconstruction, s’affirmaient trop, on tomberait dans une ennuyeuse narration, si elles disparaissaient trop, on arriverait vite à une quasi abstraction (que Bacon jugeait dans son ensemble « décorative »). Tout l’enjeu de cette série de batailles est de se maintenir sur une crête, dans le juste équilibre entre les deux versants du figuratif et de l’abstrait afin que le sujet coexiste, de façon précaire, flamboyante, périlleuse, avec le libre déploiement de la peinture.