Regina Virserius

Photographie

Née à Helsingborg en Suède en 1969, Regina Virserius a étudié l’histoire de l’art, le cinéma et le théâtre à Lund et ensuite, la sculpture à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Lauréate de l’Académie de France à Rome en 2000 (Villa Médicis), elle vit et travaille essentiellement à Paris. Sa pratique photographique privilégie le travail en séries qui puise une part de son impact visuel dans le nombre et la répétition. En 2003, la série Paysages d’enfance agrandit les jouets d’enfance, Que font les mains, en 2004 aborde, comme un paysage, des mains surprises dans des gestes quotidiens. Avec Atlas, Imago Mundi en 2008, elle livre une série de nature morte épurées des aliments qui entrent dans les rites culinaires des trois monothéismes.

La série Una cosa mentale de Regina Virserius n’est pas qu’une histoire de chaises. Ces photos interrogent la perception du réel. Venue de la sculpture, l’artiste interroge les objets, ce qu’ils évoquent et suggèrent, plus que ce qu’ils sont. Elle aborde son travail pictural comme une mise en relation entre le dehors (monde sensible) et le dedans (monde imaginaire).

Dans les diptyques qui composent la série Una cosa mentale, on distingue des chaises abordées de manière frontale, pratiquement à l’échelle un sur un. Ces chaises, icônes de l’histoire du design, apparaissent tantôt avalées par l’obscurité, tantôt brûlées par la lumière, dans des grands formats qui restituent une matière picturale d’une très grande richesse. En affirmant que l’image est une chose mentale, Regina Virserius, fait référence au propos la pittura è mentale de Léonard de Vinci, sans pour autant se placer sur le terrain du concept pur, car sans la réalité objective de départ, l’image n’existerait pas.

Affûtée par son œil de sculpteur, elle explore les rapports entre espace, plan et volume. Paradoxalement, en passant de trois à deux dimensions, elle enrichit la lecture du réel. « L’image est plus contraignante que la sculpture au sens où je travaille les sujets comme une matière extensible, appréhendée à travers ses caractéristiques de volume, de matière, de lumière, de texture et de ligne. Condensée dans l’opacité de l’image, la forme inscrite dans le tableau photographique prend une nouvelle dimension dans l’espace réel du spectateur. »

La série Una cosa mentale s’accompagne d’un livre, première monographie de l’artiste. Ce travail photographique, réalisé entre 2008 et 2010, a donné lieu à un ensemble de 54 images traitées en diptyques. A la version sombre, noire et absorbante de chaque image répond son écho blanc, lumineux et effaçant.

Site web de Regina Virserius : http://www.reginavirserius.com/index.php