Hipolythée

Dessin, Peinture

Le temps est à la crise, le temps est à la peur, le temps est à la haine, le temps est à la rancœur, le temps file, le temps détruit, le temps inquiète. Hipolythée ose une réponse à tous les comploteurs de l’ère du soupçon. Après ses « Humains de Compagnie », voici les « Contes à rebours » qui viennent nous entraîner sur les chemins de lendemains réenchantés, partagés, vivants, possibles, accessibles dès lors que nous consentons à une prise de conscience collective. Car Hipolythée nous convoque à un défi : changer le monde et les choses qui le peuplent en se faisant du bien ! Ici, dans l’œuvre d’Hipolythée, qui se construit avec et non pas contre le temps, tout est symbole ! Frappe et elle t’ouvrira son univers ; demande et elle te répondra à travers ses toiles, crois en l’avenir et tu verras alors que rien n’est perdu, pas même le paradis ! A travers ses toiles, Hipolythée montre que le monde est un éternel recommencement sauf si… Elle nous oblige à changer de fenêtre, à regarder autrement, à se positionner différemment, à s’aider des contes de notre enfance, contes de nos enfants, rêves enfouis, peurs salutaires. […]

L’aprèstidigitatrice

Le calendrier de l’après comprend 26 dessins en souvenir des calendriers de l’avent. Ces dessins sont édités en 2 tomes agrémentés d’écrits d’un écrivain lillois. Le concept du premier tome part d’une constatation ou d’une idée liée à une problématique environnementale du moment. La particularité  consiste en l’ajout de dates et de prévisions positives proposant des solutions alternatives. Le second tome se concentre sur les astres. L’artiste y transfigure son intuition face aux astres et aux signes astrologiques et sidéraux. Ceux-ci se combinent pour proposer à chaque individu des solutions pour le futur.

Je t’ai à l’œil…
Serge Daney, fondateur des Cahiers du Cinéma, disait : « Ce n’est pas vous qui regardez le film, mais c’est le film qui vous regarde ». A force de zieuter ces cyclopes imposants peints par Hipolythée, cette évidence (évidence, du latin video, au sens littéral du terme : qui saute aux yeux) m’est apparue. Ce n’est pas moi qui les regarde, cette chouette, ce gorille et ce cheval ; pas même moi qui croise leurs regards, mais ceux sont eux qui me regardent. Ils me regardent, moi ce bipède appelé humain. Pas pour inspirer la peur, la pitié ou la compassion mais pour m’interroger sur ma responsabilité dans ce monde que nous partageons et que j’occupe provisoirement, à l’œil ! Ils m’ont à l’œil, moi le locataire à titre gracieux d’une planète aussi ronde que leur pupille, d’un globe aussi fragile que leur orbite puissante. Ils me font de l’œil, discrètement ! Pas pour me séduire, me troubler ou m’émouvoir mais pour me dire, d’un clin d’œil immobile, notre « humanimalité » commune ! A vue d’œil, ces cyclopes valent le coup d’œil ! Mais moi, me voient-ils d’un bon œil ? Moi, le seul humain en apparence ; moi qui détruit l’habitat du gorille, empoisonne les chouettes ou fait commerce de la viande de cheval ? Nulle vengeance dans leur œil, œil pour œil, dent pour dent, ce n’est pas leur genre ! Nul mauvais œil, car s’ils me font de l’œil, c’est qu’il est peut-être encore temps d’ouvrir les yeux sur l’état du monde et de tous ceux qui le peuplent, eux et moi. Ouvrir l’œil, pour éviter de ne pouvoir le fermer de la nuit, la nuit possible d’un monde à disparaître… [LS]

Site web de Hipolythée : http://www.hipolythee.com/